le-singe-taquin

Il était une fois un petit singe très espiègle qui habitait dans un figuier banian gigantesque ; il s'appelait Jacquot.

Et dans la jungle, au pied de cet arbre, vivait un couple de lions féroces.

Or, Jacquot était très taquin. Il avait l'habitude de se laisser glisser jusqu'en bas des longues racines pendantes de son figuier banian, pour aller tirer la queue des animaux qui passaient en dessous et, hop, il remontait à toute vitesse avant qu'ils ne réussissent à l'attraper. Il était d'ailleurs si hardi qu'il réussit même un jour à tirer la queue du lion et de la lionne.

Furieux de cette mésaventure, ils s'en furent trouver un vieil ours grognon du voisinage pour lui demander de venir jusqu'au figuier pendant une absence de Jacquot.

L'ours les suivit, grimpa sur la tête du lion, rongea toutes les racines pendantes de l'arbre jusqu'à ce qu'elles soient si minces qu'elles se rompraient à la moindre secousse.

Aussi, le jour où Jacquot recommença à tirer la queue d'un des lions, le lion donna une forte secousse, les racines se rompirent et voilà Jacquot à terre, prisonnier des griffes puissantes du vieux lion féroce !!!

La lionne s'approcha et dit en regardant le singe : – Qu'est-ce qu'il est maigre ! Il faudrait le mettre à engraisser pendant une bonne semaine avant d'inviter l'ours à le déguster avec nous.

Aussi donc le portèrent-ils jusqu'à leur garde-manger, c'est-à-dire un recoin au fond de leur grotte, isolé par de grosses pierres. Pendant que le lion édifiait un mur, la lionne surveillait le singe, prête à bondir s'il tentait de s'enfuir. Il faisait sombre, il faisait froid, Jacquot n'aimait pas du tout ça. Ils laissèrent une toute petite lucarne pour lui faire passer à manger.

Tous les jours, ils lui apportèrent une énorme ration de bananes parce qu'ils savaient que les singes mangent des bananes et que c'était facile à ramasser. Puis la lionne écrivit à l'ours une lettre sur une feuille pour l'inviter à diner ;

ce qu'il accepta naturellement avec grand plaisir.

Mais Jacquot n'engraissait point, pour la bonne raison qu'il en eut vite assez des bananes et n'en mangeait qu'une par jour. Il donnait toutes les autres aux rats.

Le lion et la lionne étaient très inquiets de voir le singe toujours aussi maigre. Un jour, ils se glissèrent en cachette près du garde-manger pendant qu'il bavardait avec les rats et parlait de son régime de bananes. Il disait : – J'en ai plus qu'assez de toutes ces bananes, je rêve d'une noix de coco. – Oh, Oh, une noix de coco pour grossir ? Nous allons lui en chercher une immédiatement. Mais impossible de les attraper dans le cocotier.

Alors le lion revint à sa grotte et s'adressa d'un ton féroce aux petits rats, pour leur dire qu'il allait détruire le mur et les dévorer d'un coup s'ils ne partaient pas sur le champ lui chercher une noix de coco.

Terrifiés par la menace, les petits rats se précipitèrent en haut du cocotier et détachèrent plusieurs noix de coco en rongeant les branches à toute vitesse. Mais les noix de coco tombèrent sur la tête du lion et de la lionne en les assommant ; aussi les petits rats choisirent-ils de rester en haut de l'arbre jusqu'à la nuit.

Dès qu'ils eurent moins mal à la tête, le lion et la lionne emportèrent les noix de coco et les donnèrent à Jacquot en les faisant passer par un gros trou, qu'ils rebouchèrent tout de suite en prenant de grandes précautions.

Jacquot fut enchanté de cette arrivée mais il eut beaucoup de mal à arracher les fibres de leur bourre. Il finit quand même par y arriver et cassa une des noix avec une pierre. Il but le lait et se mit à déguster l'amande : comme c'était bon après cette longue semaine de bananes !

Tout en mangeant, il s'amusa à se faire une veste chaude avec les fibres de la bourre et continua de manger sans réfléchir aux conséquences.

Mais, quand il eut enfilé sa bonne veste chaude, il semblait vraiment énorme, c'était terrible.

D'ailleurs, quand le lion et la lionne jetèrent un coup d’œil, ils crurent que tout ce volume, c'était le corps de Jacquot. Ravis, ils s'exclamèrent : – Et le voilà tout gras et tout tendre ! Nous allons le manger ce soir sans attendre M. l'Ours. Et ils sortirent se mettre en appétit en faisant une longue promenade.

Pauvre Jacquot ! Il arrêta net de manger ses noix de coco en entendant ces paroles. Il enleva la veste et aplatit ses poils le long de ses bras avec ses petites pattes, mais il eut beau se peigner, il était toujours aussi gros. Alors il se frotta tout le corps avec des bananes pour aplatir encore plus ses poils, mais il était encore trop gros. Désespéré, il enfila à nouveau la veste bien chaude, s'allongea en pleurant de désespoir et finit par s'endormir.

Mais, au même moment, figurez-vous que l'ours vint faire un tour dans la grotte des lions pour vérifier l'état de son futur repas, car c'était un vieil ours très gourmand. En voyant le singe tout rond et tout appétissant, il ne put résister à la tentation et se mit à détruire le mur à toute vitesse pour le manger sur le champ, sans attendre le couple de lions. Mais l'agilité n'était pas son point fort, c'était un vieil ours maladroit et tout à coup…

un grondement et un fracas de pierres s'entrechoquant et s'écrasant à terre se fit entendre : toutes les pierres s'effondrèrent sur l'ours et le bruit réveilla le pauvre petit Jacquot terrifié et mort de peur. Il eut quand même la présence d'esprit de s'échapper de la grotte à toute vitesse.

Or, au même instant, le lion et la lionne rentraient de promenade. En entendant ce vacarme, ils se précipitèrent comme le vent et trouvèrent Jacquot juste au moment où il sortait de la grotte.

En poussant un rugissement terrible, le lion le saisit entre ses griffes... mais n'attrapa que la veste.

Puis ce fut au tour de la lionne de pousser un rugissement terrible et de le saisir entre ses crocs. Mais le corps de Jacquot était devenu si rond et si glissant depuis qu'il l'avait frotté avec les bananes, qu'il lui glissa entre les mâchoires, comme un pépin d'orange, et Jacquot s'enfuit à toute vitesse.

Enfin, le voilà sain et sauf, grimpant avec agilité le long du tronc du cocotier, tellement vite d'ailleurs qu'il fit tomber presque toutes les noix de coco... sur la tête du lion et de la lionne.

Et c'est comme ça que le lion se retrouva avec un terrible mal de tête, et la lionne aussi, et l'ours aussi, et que, pour le diner, ils mangèrent... des BANANES, un point c'est tout.

Traduction du conte de Helen Bannerman, "The story of the teasing monkey".

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